Structure de l'EPG : 3 ateliers, 1 chrono global
L'Épreuve Physique de Gendarmerie (EPG) est une épreuve éliminatoire du concours de Sous-Officier de Gendarmerie (SOG). Elle se compose de trois ateliers enchaînés qui évaluent simultanément la puissance musculaire, la vitesse d'exécution et la résistance physique sous contrainte.
Les deux premiers ateliers — le parcours d'obstacles et la simulation de combat — sont chronométrés ensemble : le chrono démarre à votre entrée sur le parcours et ne s'arrête qu'à la fin de l'atelier combat. Le troisième atelier, le transport de poids, n'est pas chronométré mais évalué en tout ou rien : réussite ou échec. Une note inférieure à 6 sur 20 à l'EPG est éliminatoire, quelle que soit votre note aux épreuves écrites ou orales. Le barème tient compte de l'âge et du sexe des candidats.
Atelier 1 : parcours d'obstacles chronométré
Le parcours d'obstacles constitue le premier atelier de l'EPG. Il fait appel à la coordination, l'agilité et la vitesse d'exécution dans un enchaînement de figures standardisées. Les obstacles types incluent des franchissements (haies, escalade de mur ou filet), des passages en rampé, des changements de direction rapides et des sauts.
Le parcours se déroule en intérieur (gymnase militaire) ou en extérieur selon le centre de sélection. Les candidats évoluent en tenue militaire et sont évalués sur le temps d'exécution. Les erreurs de parcours (oubli d'obstacle, contournement non autorisé) sont sanctionnées par des pénalités de temps ou, dans les cas les plus graves, par l'invalidation de l'atelier.
Préparez-vous à enchaîner cet atelier directement avec la simulation de combat : l'objectif n'est pas d'arriver au combat reposé mais de maintenir vos capacités sous fatigue. La régularité de l'entraînement sur plusieurs semaines vaut davantage qu'un pic de condition le jour J.
Atelier 2 : simulation de combat (tractions corde + arcs de cercle)
La simulation de combat est l'atelier qui surprend le plus les candidats insuffisamment préparés. Il ne s'agit pas de tractions conventionnelles à la barre : vous devez tirer une corde verticale vers vous pour soulever un poids — 36 kg pour les hommes, 25 kg pour les femmes — et effectuer des arcs de cercle de 180° en alternant gauche et droite, de façon à aller toucher le mur de chaque côté de l'appareil.
Cet exercice sollicite principalement la chaîne postérieure (dorsaux, trapèzes, biceps) et le gainage. Le nombre de répétitions à réaliser dans le temps imparti détermine la note, selon le barème officiel téléchargeable sur gendarmerie.interieur.gouv.fr. Pour vous y préparer, simulez l'exercice à l'aide d'élastiques de résistance ou d'une poulie lestée — les salles d'escalade disposent souvent de machines analogues.
Attention au rythme : l'erreur classique consiste à démarrer trop vite après le parcours d'obstacles et à s'épuiser avant d'atteindre le nombre de répétitions cible. Entraînez-vous à calibrer votre effort sur l'ensemble de l'atelier.
Atelier 3 : transport de poids (45 kg H / 25 kg F)
Le transport de poids est le troisième et dernier atelier. Il est évalué en binaire — réussite ou échec — sans notation intermédiaire : vous réussissez si vous franchissez la distance prescrite avec la charge imposée, ou vous échouez.
La charge est de 45 kg pour les hommes et 25 kg pour les femmes. Le transport s'effectue sur une distance réglementaire, en portant la charge dans les bras (sans l'appui d'un harnais). Cet atelier évalue la puissance musculaire brute et la capacité à fournir un effort maximal après les deux premiers ateliers chronométrés.
Dans les retours de candidats ayant passé l'EPG en 2024-2025, l'atelier transport est paradoxalement celui qui génère le moins d'échecs parmi les candidats qui ont passé avec succès les deux premiers ateliers — sa nature binaire pousse les candidats à se préparer précisément sur ce seuil. En revanche, il représente un obstacle réel pour les candidats qui n'ont pas intégré le gainage et la force de préhension dans leur préparation physique.
Barème 2026 : repères chronométrés par sexe
Le barème officiel de l'EPG est publié par arrêté et disponible en téléchargement sur gendarmerie.interieur.gouv.fr (rubrique recrutement SOG). Il se présente sous forme d'un tableau croisant le temps chronométré (ateliers 1+2) avec le sexe du candidat — sans différenciation par tranche d'âge, contrairement à d'autres épreuves militaires.
Repères vérifiés d'après les barèmes publiés (topgend.fr, generation-gendarme.com) :
- Pour 10/20 (seuil passable) : hommes = 4'00, femmes = 4'10
- Pour 12/20 : hommes = 3'50, femmes = 4'00
- Pour 20/20 (note maximale) : hommes = 3'10, femmes = 3'20
- Toute note inférieure à 6/20 est éliminatoire, quel que soit le profil.
Ces repères sont issus de sources spécialisées concordantes. Vérifiez le PDF officiel sur gendarmerie.interieur.gouv.fr avant votre session car le barème peut être révisé par arrêté.
Plan d'entraînement 8 semaines ciblé EPG
Un plan structuré sur 8 semaines permet à un candidat en condition physique moyenne d'atteindre le niveau requis pour l'EPG.
Semaines 1-2 — Fondations : 3 séances/semaine. Renforcement musculaire général (tirage vertical, dorsaux, gainage ventral et dorsal), 3 × 10 répétitions avec 2 min de repos. Footing 30 min à rythme modéré.
Semaines 3-4 — Spécifique : introduire des exercices similaires à la simulation de combat (élastique ou poulie) 2 fois par semaine. Augmenter progressivement la charge ou la résistance. Circuits d'obstacles si accès à un gymnase ou un parc militaire.
Semaines 5-6 — Intensification : 4 séances/semaine. Travailler à intensité maximale sur des séries courtes (Tabata, HIIT). Intégrer le transport de poids lourd (sac lesté 40-50 kg) sur 20 mètres.
Semaines 7-8 — Simulation : 2 simulations complètes EPG chronométrées par semaine. Récupération active les autres jours. Coupez l'entraînement intensif 4 jours avant l'épreuve.
Erreurs fréquentes à éviter le jour J
L'échauffement est obligatoire et structuré : ne sautez pas les 10-15 minutes d'activation musculaire proposées avant l'EPG. Des candidats ayant négligé cette phase ont constaté une baisse de performance notable sur les premiers obstacles.
La gestion du rythme est la seconde difficulté majeure. Sur le parcours d'obstacles, adoptez un rythme légèrement inférieur à votre maximum — vous devez encore produire un effort sur la simulation de combat. L'erreur classique est de « tout donner » sur le parcours et d'arriver épuisé à la simulation.
Pour l'atelier transport, positionnez la charge près du centre de gravité (ventre, poitrine) et non à bout de bras. Une mauvaise prise coûte de l'énergie inutilement.
Enfin : hydratez-vous correctement dans les 12 heures précédant l'épreuve, sans excès le matin même. Pour tout le cadre du concours SOG 2026, consultez le guide concours SOG externe 2026 sur test-concours-gendarmerie.fr et notre guide sur les épreuves sportives militaires.
Pourquoi l'EPG distingue plus que ce qu'on croit
Un constat issu des retours candidats et des prépas spécialisées : l'EPG paraît facile à des sportifs réguliers, mais sa note finale étonne. Trois mécanismes expliquent ce décalage.
Mécanisme 1 — L'enchaînement plus dur que les efforts isolés. Un candidat qui court régulièrement 5 km en 25 minutes imagine pouvoir boucler les 300 mètres du parcours d'obstacles en 50 secondes-1 minute, puis le combat en autant. C'est sans compter l'effet d'enchaînement : la fatigue de l'atelier 1 dégrade la performance de l'atelier 2 de 15 à 25 % chez les candidats non entraînés à l'enchaînement. Le temps cumulé bascule alors largement au-dessus de la note 20.
Mécanisme 2 — Le poids de 45 kg piège les profils minces. Le transport de poids n'évalue pas la force pure : il évalue la capacité à soulever et porter une charge externe correspondant à environ 70 % du poids corporel d'un homme moyen et 45 % d'une femme moyenne. Un candidat de 65 kg qui n'a jamais soulevé de charge libre passera trois essais d'affilée à échouer faute de schéma moteur. C'est l'atelier qui élimine le plus de candidats minces non préparés, alors même qu'il paraît binaire et accessible sur le papier.
Mécanisme 3 — Le stress du chronomètre dégrade la coordination. Sur le parcours d'obstacles, le chronomètre et la présence d'autres candidats en attente créent une montée d'adrénaline qui parasite la coordination fine. Un candidat qui réussit le parcours en 55 secondes à l'entraînement le passe en 1 min 15 le jour J. L'écart entre score d'entraînement et score réel est typiquement de 20 à 30 % sur le parcours d'obstacles, et de 10 à 15 % sur la simulation de combat. Anticipez cet écart dans votre cible d'entraînement (visez 15-20 % en dessous de la note souhaitée).
Conseils pratiques pour le jour J
Tenue. Short ou jogging léger, tee-shirt près du corps (pas de tee-shirt large qui s'accroche aux obstacles), chaussures polyvalentes (running légères ou cross-training, surtout pas de basket lourde). Pas de bijoux, montre uniquement si autorisée par le surveillant.
Échauffement personnel. L'échauffement collectif fourni par les évaluateurs peut être très court. Arrivez échauffé : 10 minutes de footing léger + 5 minutes de mobilité articulaire (épaules, hanches, chevilles) + 3-5 accélérations courtes. Évitez l'étirement passif statique avant l'épreuve (il diminue la puissance explosive).
Stratégie sur le parcours d'obstacles. Démarrez à 90 % de votre allure max, pas à fond. Les 2 derniers tours sont ceux qui font la différence : si vous partez plein gaz, vous explosez à mi-parcours. Visez une cadence régulière, accélérez le 5e tour, finissez fort sur le 6e.
Stratégie sur la simulation de combat. Respiration en cadence forte (souffler à chaque effort). Sur les chutes-relevés, gardez le mannequin/charge toujours sous tension : reposer la charge entièrement coûte 1 à 2 secondes par chute. La régularité du rythme prime sur la vitesse instantanée.
Stratégie sur le transport de poids. Ne tentez pas le record : le soulevé n'est pas chronométré, vous avez trois essais. Premier essai : technique parfaite (pieds sous le sac, dos plat, poussée jambes), allure tranquille. Si le sac vous échappe, respirez 15 secondes, ajustez la prise, repartez. Ne paniquez pas — trois échecs consécutifs entraînent un retrait d'un point sur la note des deux premiers ateliers, ce qui reste un coût bien moindre qu'une crispation entraînant trois tentatives bâclées.
Coefficient revalorisé : ce que l'arrêté du 30 juillet 2024 a changé
L'arrêté du 30 juillet 2024 (entré en vigueur au 1er janvier 2025) a réformé en profondeur le concours SOG. Le test des matrices progressives de Raven a été supprimé de la phase d'admissibilité et remplacé par une composition de culture générale rédigée. En parallèle, le coefficient de l'EPG a été revalorisé — un signal explicite que la condition physique devient un critère central de sélection.
Différentes sources spécialisées citent ce coefficient à 2 ou 3 selon les sessions et les voies (externe / interne / 3e voie). Consultez systématiquement la notice officielle de votre session sur lagendarmerierecrute.fr ou directement l'arrêté sur Légifrance pour la valeur exacte applicable au moment de votre inscription. Le seuil éliminatoire de 6/20 reste lui inchangé.
Conséquence pour votre préparation : avant la réforme, un candidat moyen à la note physique pouvait compenser par un excellent dossier psychologique ou un bon entretien. Depuis 2025, la marge de compensation s'est réduite. Investir 6 à 8 semaines de préparation physique structurée n'est plus un confort optionnel — c'est un prérequis pour valider une note correcte (≥ 12/20) qui n'ampute pas le total.
À retenir
Structure. 3 ateliers enchaînés : parcours d'obstacles (chrono), simulation de combat tractions corde + arcs de cercle 180° (chrono), transport de poids 45 kg H / 25 kg F (réussite ou échec, 3 essais).
Barème. Hommes : 3'10 = 20/20, 4'00 = 10/20, au-delà de 4'55 = 0/20. Femmes : 3'20 = 20/20, 4'10 = 10/20, au-delà de 5'05 = 0/20. Seuil éliminatoire 6/20. Pénalité atelier 3 : 3 échecs = -1 point sur les ateliers 1+2.
Coefficient. Revalorisé depuis l'arrêté du 30 juillet 2024 (vérifier la valeur exacte sur la notice officielle de votre session).
Plan d'entraînement 8 semaines. Semaines 1-2 : fondations (renforcement général + footing). Semaines 3-4 : spécifique (élastique/poulie pour atelier 2, obstacles si accessibles). Semaines 5-6 : intensification (HIIT, transport lourd 40-50 kg). Semaines 7-8 : 2 simulations chronométrées/semaine, coupure 4 jours avant.
Pièges majeurs. Préparer uniquement la course à pied (60 % des candidats échouent l'atelier 2 ou 3 par sous-entraînement de la force), négliger l'atelier 3 « non noté » (la pénalité de -1 point fait basculer un classement serré), ne pas simuler l'enchaînement complet, bachoter en moins de 6 semaines.
Le jour J. Tenue légère et chaussures polyvalentes, échauffement personnel à l'arrivée (10 min footing + 5 min mobilité + 3-5 accélérations), départ contenu sur le parcours (5e et 6e tours décisifs), respiration cadencée sur le combat, technique parfaite et calme sur le transport (3 essais disponibles).
▸ SOURCES
- gendarmerie.interieur.gouv.fr — Barème EPG officiel (PDF)
- Annexe IV — Arrêté du 27 avril 2011 fixant les programmes et coefficients des concours SOG (EPG)
- Arrêté du 30 juillet 2024 modifiant l'arrêté du 27 avril 2011 (réforme SOG, entrée en vigueur 1er janvier 2025)
- Épreuve physique gendarmerie (EPG) — Fiche officielle recrutement sous-officiers
- topgend.fr — Barème sport gendarmerie (temps de référence)
- generation-gendarme.com — EPG épreuve sport SOG